Six questions pour le jury de Barcelone

Publié le par Tribunal Russell France

Les six membres du jury du tribunal Russell sur la Palestine :


  • Mairead Corrigan Maguire Prix Nobel de la Paix en 1976, Irlande du Nord

  • Juan Tapia Guzman juge, Chili

  • Gisèle Halimi avocate, ancien ambassadeur auprès de l’UNESCO, France

  • Cynthia McKinney femme politique américaine, Green Party, USA

  • Michael Mansfield avocat, Président de Haldane Society of Socialist Lawyers, Grande-Bretagne

  • José Antonio Martin Pallin Magistrado Emérito Sala II, Cour Suprême, Espagne

  • Ronnie Kasrils, Auteur et activiste, Afrique du Sud,

  • Aminata Traoré, Auteur, femme politique et activiste, Mali

auront à répondre aux six questions suivantes :


1. L’Union européenne et ses Etats membres ont-ils manqué à leur obligation de promouvoir et de faire respecter le droit du peuple palestinien à l’autodétermination ? Ont-ils coopéré afin de mettre fin à toute violation grave de ce droit ? Ont-ils prêté aide ou assistance à une violation de ce droit ?


2. L’Union européenne et ses Etats membres ont-ils manqué à leur obligation de faire respecter le droit international humanitaire à l’égard du peuple palestinien en ce qui concerne le blocus de la bande de Gaza et l’opération militaire israélienne « Plomb durci » qui s’est déroulée du 27 décembre 2008 au 18 janvier 2009 ? Ont-ils coopéré afin de mettre fin à toute violation grave de ce droit ? Ont-ils prêté aide ou assistance à une violation de ce droit ?


3. L’Union européenne et ses Etats membres ont-ils manqué à leur obligation de faire respecter le droit international humanitaire et le droit du peuple palestinien à la souveraineté sur ses ressources naturelles en ce qui concerne l’installation de colonies de peuplement et de pillage des ressources naturelles par Israël dans les Territoires palestiniens ? Ont-ils coopéré afin de mettre fin à toute violation grave de ces droits ? Ont-ils prêté aide ou assistance à une violation de ces droits ?


4. L’Union européenne et ses Etats membres ont-ils manqué à leur obligation de faire respecter le droit international humanitaire, le principe de non acquisition de territoire par la force et le droit à l’autodétermination du peuple palestinien en ce qui concerne l’annexion par Israël de Jérusalem-Est ? Ont-ils coopéré afin de mettre fin à toute violation grave de ces droits ? Ont-ils prêté aide ou assistance à une violation de ces droits ?


5. L’Union européenne et ses Etats membres ont-ils manqué à leur obligation de faire respecter le droit international en ce qui concerne l’édification du mur par Israël dans les Territoires palestiniens ? Ont-ils coopéré afin de mettre fin à toute violation grave de ce droit ? Ont-ils prêté aide ou assistance à une violation de ce droit ?


6. Au regard de ce qui précède, l’Union européenne et ses Etats membres ont-ils manqué à leur obligation de faire respecter le droit international et le droit européen dans le cadre des accords signés entre l’Union européenne et l’Etat israélien ?  

Publié dans UNION EUROPEENNE

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Jean-Marie GLÄNTZLEN 07/03/2010 18:25



QUESTIONS FONDAMENTALES


aux éminents membres du Tribunal Russell


 


Elles  sont émises par un modeste sexagénaire palestinophile français qui ne peut même pas se targuer d’avoir été une fois en Palestine (parce qu’on ne l’y laissera pas entrer)
, ni même d’avoir coucher sur un trottoir du Caire (parce que cette marche n’avait aucune chance d’atteindre son but, même si on faisait semblant d’y croire). Mais
  un modeste sexagénaire palestinophile français qui passe de nombreuses heures par jour à suivre, uniquement en français malheureusement, non seulement
l’actualité quotidienne , mais encore les trop rares analyses du passé du peuple palestinien et en particulier les résolutions 181, 194, 273, ainsi  que la déclaration dite
d’indépendance  de l’entité sioniste. Dans la mesure où quand un Péres écrit que la résolution 181 légitime son entité assassine,  c’est bien l’illégitimité de
cette résolution qui, derrière le Palestinien  Henry Cattan , qu’il importait et importe hélas toujours e de démontrer en priorité  afin que des vecteurs
d’opinion et de décision de bonne foi ou non ne puissent plus penser et dire « D’accord Israël   y va parfois  un peu fort, mais ils se
défendent sur un territoire que leur a reconnu la « communauté internationale », donc ils sont dans leur droit ».  


 


Après lecture du premier compte-rendu,  les cinq questions sont les suivantes :


 


1/Quelle connaissance suffisamment détaillée  ont des quatre  textes fondamentaux, quasi pierres angulaires au moins officielles de l’entité sioniste,
 évoqués ci-dessus et leur contexte  les éminents membres du TRP


 


2/ La création et la perdurance de l’entité sioniste est-elle légitime aux yeux de chacun des éminents membres du TRP pris individuellement ?


 


3/ Les écrits du Palestinien Henry Cattan ont-ils été assimilés par les éminents membres du TRP, qu’ils soient d’accord ou non avec les conclusions de ce membre- clé  de la
délégation arabe à l’ONU lors de l’automne 1947 ?   


 


4/ Quand on lit dans les premières conclusions  « puisqu’il (le peuple palestinien) ne peut exercer sa souveraineté sur le
territoire qui lui revient » ,   quelle est  l’étendue du territoire en
   question aux yeux du TRP et quel est l’ « âge de ce peuple ?


 


5/  Quand on lit dans les premières conclusions   «  le retour des réfugiés palestiniens
dans leur maison ou sur leur terre d’origine »,   s’agit-il des
réfugiés et de leur descendance,  avec  strictement  les mêmes droits qu’un  citoyen israélien juif dans cet
« état » qui ne comporte actuellement  aucun national au sens de détenteur de la nationalité israélienne, à supposer que l’entité sioniste perdure sous une
 forme post-sioniste ?


 


6/ Les éminents membres du TRP jugent-ils pertinent de parler de guerre et de paix  quand il n’y a pas eu de déclaration de guerre, quand il n’y a qu’une armée , quand il n’y a
pas, de très loin, plus ou moins égalité des armements en présence, quand, théoriquement une paix ne saurait être injuste et inéthique ?  


 


On peut penser en effet qu’éclairer toute personne décidée à suivre les travaux du TRP sur la réponse à ces cinq questions ( parmi les plus  importantes)  que
f(er)ont les éminents membres présente un intérêt didactique fondamentale indispensable  sans laquelle on ne saurait bien comprendre l’autorité morale qui s’exprime, ce qu’elle
dit, et, pour tout dire, sa crédibilité  et son utilité pour l’avenir des patriotes palestiniens.




Tribunal Russell France 08/03/2010 15:00


Monsieur,
Le Tribunal Russell sur la Palestine n'a pas pour objectif de remettre en question l'existence d'Israël, ni même de le (re)juger mais s'intéresse à l'impunité des violations du droit international
public, à ses mécanismes, à ses manquements et complicités et, pour la session de Barcelone, aux responsabilités de l'Union européenne.

Il n'a été demandé à personne de juger de la légitimité de l'Etat d'Israël dans ce tribunal. Le territoire palestinien est pour nous, de fait, celui défini par la Ligne verte et les frontières de
1967 et Israël existe, de fait.

Quant à l'autorité morale de ce tribunal, elle émane de ses membres : de son comité de parrainage international, de la qualité de ses juges, de son président d'honneur, M. Stéphane Hessel. Libre à
chacun(e) de la leur dénier mais ceux qui le font se placent du même côté que ceux qui récusent le rapport Goldstone. Là encore, de fait.


Fouad Bahri 20/02/2010 17:33


Il y a une petite erreur de date. L'opération Plomb durci a été lancée en 2008 et non en 2007. Prière de corriger. Merci.


Tribunal Russell France 20/02/2010 22:54


C'est corrigé. Merci...